28/06/2016

Après le vote pro-Brexit, l’UE arrivera-t-elle à se réformer et à remettre l’humain au centre de sa politique ?

Le Brexit vient chambouler voire dramatiquement transformer la structure européenne, alors que le contexte semblait déjà peu favorable à l’équilibre et à la stabilité européenne. Ce nouveau coup dur vient donc rejouer les cartes de l’avenir européen qui, semble-t-il, tendrait à plus de populisme et de replis sur soi. En effet, à l’issue de ce vote, certains partis nationalistes, dont le Front National de Marine Le Pen, ont appelé à des référendums nationaux afin de remettre en question l’appartenance à l’Union Européenne de leurs pays respectifs.

Lire la suite

17:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

22/05/2016

L’accord UE-Turquie vacille

L’accord conclu en mars dernier entre l’UE et la Turquie, visant à endiguer les flux de migrants vers l’Europe, est en train de vaciller. Selon le média Euronews, le désaccord entre Ankara et Bruxelles approcherait le « point de non-retour ».

Lire la suite

05:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

03/12/2012

Copésation de la politique en France : la « boulitique » dans tous ses états

Le philosophe algérien Malek Bennabi utilisait dans les années 1940 le terme « boulitique » pour évoquer la pratique politicienne de la politique, sans enracinement dans un socle de valeurs éthiques.

Lire la suite

18:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

11/10/2012

Face aux caricatures de la haine, la non-violence s'impose

Les dernières semaines ont connu la résurgence des tensions occidento-islamiques autour de l'opposition apparente entre la liberté d'expression et le respect des symboles religieux. Nous espérions que le malheureux épisode des caricatures « Muhammeds ansigt » (Visage de Mohammed) publiées le 30 septembre 2005 par le journal danois Jyllands-Posten et la réaction violente dans certaines villes du monde musulman avait donné à réfléchir aux uns et aux autres sur les risques que font encourir à la paix dans le monde la provocation et la réaction violente à la provocation. La manière quasi non-violente dont fut traitée l'affaire du film « Fitna » (Discorde) diffusé sur l'Internet le 27 mars 2008 par l'homme politique hollandais d'extrême-droite Geert Wilders nous réconfortait dans cet espoir. Mais la diffusion sur le Web au début de ce mois du film « Innocence of Muslims » (Innocence des musulmans) et la publication le 19 septembre 2012 des caricatures de Charlie Hebdo sur le prophète Mohammad ainsi que la colère et les manifestations de violence suscitées dans certains pays musulmans indiquent qu'hélas, la leçon n'a pas été retenue de l'épisode précédent.

Lire la suite

08/07/2012

Découverte du Boson de Higgs, libération de Mourad Dhina et indépendance de l'Algérie

MDhina1.jpgLe mercredi 4 juillet 2012 en début d'après midi une trentaine de personnes attendaient la décision de la présidente de la chambre d'instruction de la Cour de Paris concernant la demande d'extradition du Dr Mourad Dhina formulée par le régime militaire algérien aux autorités françaises, l'accusant d'avoir commis de prétendues actions terroristes en Suisse durant les années 1997-1999. A noter que la Confédération suisse avait déjà reçu plusieurs demandes similaires d'extradition présentées par le régime militaire algérien à l'encontre de Mourad Dhina qui réside dans le Canton de Genève depuis une vingtaine d'années et qu'elle a toujours refusé d'y donner suite.

Lire la suite

24/06/2012

Le « Printemps arabe » quelques saisons plus tard

Un an et demi après le lancement du "Printemps" des révolutions arabes, les buts de ces soulèvements (liberté et dignité) sont loin d'être atteints. Le cas syrien est tragique et l'avenir des pays qui ont achevé la première phase de la révolution (Tunisie, Egypte, Libye, Yémen) reste incertain.

Lire la suite

10:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (22)

27/10/2009

Des élections lunaires en Tunisie

Un ami m’a réveillé hier avec un sms qui m’a plongé dans fou rire matinal.

« Les Tunisiens ont inventé les présidentielles lunaires ! C’est comme le Ramadan qui recule de dix jours chaque année. A chaque nouvelle élection, le résultat en faveur d’Ezzine recule de 5%. Conclusion : Pour que le candidat du système rate son élection, il faut attendre encore 40 ans. Le fils de Benali, 5 an aujourd’hui, a le temps de préparer son arrivée à Carthage. »

Je n’ai pu m’empêcher d’aller vérifier les résultats des scrutins passés. Les voici :

24 octobre 1999 : 99.45% des voix (100% arrondi)
24 octobre 2004 : 94.49% des voix (95% arrondi)
25 octobre 2009 : 89.62% des voix (90% arrondi)

Le journaliste algérien Chawki Amari n’a pas tort. Si la monarchie marocaine a son Mohammed-VI, les royaupubliques tunisienne et algérienne ont aussi leur Benali-V et Bouteflika-III qui œuvrent pour instaurer un règne à vie.

Abbas Aroua
27 octobre 2009

15:25 Publié dans Politique | Tags : algérie, tunisie, maroc | Lien permanent | Commentaires (1)

06/04/2009

L'Union européenne suspend ses relations avec le gouvernement israélien

[Bruxelles, 6 avril 2009. Après plusieurs tentatives de Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune et secrétaire général de l'Union européenne, de convaincre Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien fraichement élu, pour revoir sa position et accepter le principe de « deux Etats », l'Union européenne a décidé de suspendre ses relations avec le gouvernement de l’Etat hébreux et de ne plus traiter qu’avec le président Shimon Peres qui a des positions plus modérées à l’égard de la question palestinienne.

Benyamin Netanyahu est connu pour ses positions extrémistes ne reconnaissant pas les accords conclus par ses prédécesseurs, préférant le concept de « paix économique » avec les Palestiniens au lieu de « paix politique ». Dans le gouvernement qu’il vient de former, il s’est entouré de faucons, le plus emblématique d’entre eux étant son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman,  connu pour ses déclarations tonitruantes comme celle de « bombarder Gaza avec l’arme atomique » ou « jeter les prisonniers palestiniens dans la mer morte ».

Cette décision rappelle une autre décision similaire prise par l’Union européenne concernant la suspension de ses relations avec le gouvernement Hamas élu le 26 janvier 2006 avec une majorité de voix par le peuple palestinien, à cause de ses positions « radicales » vis-à-vis d’Israël, et de ne traiter qu’avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.]

Lire la suite

16:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

12/07/2008

L’UPM : espace de coopération ou instrument de domination ?

Demain, le 13 juillet, se réuniront au Grand Palais parisien les 27 chefs d’Etats de l’Union européenne (UE) et ceux des autres 16 pays qui formeront ensemble la future Union pour la Méditerranée (UPM), dont le lieu et la date de naissance sont très symboliques. L’anniversaire de cette nouvelle organisation régionale se fêtera simultanément avec la commémoration de la prise de la Bastille. C’est un signe fort sur le rôle central de la France au sein de l’UPM qu’a voulu donner Nicolas Sarkozy, géniteur de ce projet qui a été depuis sa conception quelque peu altéré afin de répondre aux exigences des partenaires européens de la France.

Le projet initial « Union méditerranéenne » visait la création d’un espace comprenant les 22 pays riverains de la Mare nostrum : au nord, l’Espagne, la France, Monaco, l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Albanie, la Grèce, la Turquie, Malte et Chypre, et au sud le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, Israël, la Palestine, le Liban, et la Syrie, plus 3 pays ayant des liens privilégiés avec la Méditerranée : le Portugal, la Jordanie et Mauritanie. La Suisse, que certains géographes considèrent comme un pays méditerranéen, car source de l’un des affluents de cette mer, le Rhône, n’a pas été associée au projet UPM.

Plusieurs pays de l’UE, notamment l’Allemagne, se sont opposés au projet dans sa forme initiale de peur qu’il n’affecte la construction de l’UE. Après de longs échanges, une nouvelle formulation du projet a vu le jour. L’UE sera fortement impliquée dans le processus décisionnel de ce qui ne sera plus une « Union méditerranéenne » mais une « Union pour la Méditerranée ». La nuance est de taille ; elle résume en quelques lettres la force des liens qui unissent les membres de l’UE et leur souci de préserver leurs intérêts stratégiques.

En face de cette unité robuste, les pays du Sud offrent un spectacle désolant et pathétique de dislocation, de divergences, de querelles, comme l’ont montré les quelques rencontres tenues au sud pour discuter du projet UPM. A défaut d’une réflexion et de discussions de fond sur les aspects stratégiques de la question, certains dirigeants se sont livrés à des luttes de positionnement pour une nomination comme premier « co-président du sud » de l’UPM, titre accordé vraisemblablement à Housni Moubarak à cause, a-t-on dit, de la forte démographie de son pays et de ses relations de « bon voisinage » avec Israël, qui aura le privilège de siéger avec le premier « co-président du nord » : Nicolas Sarkozy.

Les promoteurs de l’UPM affirment qu’il s’agit d’un espace d’échange et de coopération pour renforcer les relations nord-sud et aider au développement de la rive sud de la Méditerranée, au moyen de projets concrets, à l’impact réel sur les populations.

Mais les détracteurs de cette nouvelle entité argumentent qu’elle ne serait en fait que :

1) Une supercherie politique, car elle n’a d’union que le nom ; une véritable union impliquerait les quatre libertés de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.

2) Un moyen subtil de donner à la Turquie l’impression d’être associée à l’Europe sans faire partie de l’UE.

3) Un acte visant à « enterrer » définitivement le projet d’Union du Maghreb Arabe (UMA), processus moribond, ayant souffert de contradictions internes, entre les régimes des pays concernés, qui seraient alimentées en continu par certaines politiques européennes, notamment française.

4) Une opportunité pour atteindre la normalisation arabo-israélienne à moindres frais, c’est-à-dire sans résoudre le conflit israélo-palestinien.

5) Un instrument pour imposer encore plus d’hégémonie politique, culturelle et symbolique, sur la rive sud de la Méditerranée.

6) Un espace d’échange commercial déséquilibré entre une UE à l’économie forte et des pays aux économies désintégrées (différence d'un facteur 5 en moyenne en termes de PIB par habitant), entre un groupement d'Etats de droit et des pays ruinés par le despotisme et la corruption offrant un marché pour l’excédent de produits que l’UE n’arrive pas à écouler en Amérique et en Asie : quincaillerie militaire et industrielle, produits alimentaires et pharmaceutiques souvent périmés ou presque.

7) Un réservoir de main d’œuvre bon marché et le lieu de relocalisation des industries européennes polluantes.

8) Une structure souple pour assurer l’approvisionnement de l’Europe en énergies (hydrocarbures et solaire) et pour contrôler les flux migratoires.

9) Une alliance offrant un avantage stratégique dans la lutte d’influence menée par l’UE, les Etats-Unis et la Chine en Afrique du Nord.

10) Un facteur de consolidation des dictatures des pays arabes, partenaires dans ladite « guerre contre le terrorisme », et de prévention de toute velléité de changement chez les sociétés du Sud.

Entre les prévisions des uns et des autres, quel rôle jouera l’UPM dans la région ? Seul l’avenir nous le dira.

Abbas Aroua
12 juillet 2008

15:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5)