08/03/2016

Rencontre Union européenne-Turquie : le sommet de la « dernière chance » ?

L’étau se resserre sur les migrants entre la Grèce et les pays des Balkans. La Macédoine a notamment fermé sa frontière, ne laissant passer que certains réfugiés au compte-gouttes, et c’est la route des Balkans dans sa totalité qui risque d’être prochainement fermée à l’immigration, selon des informations recueillies par le correspondant de la BBC à Bruxelles, Chris Morris.


C’est dans ce contexte que se tient ce lundi un sommet entre la Turquie et l’Union européenne dont le but est de traiter de questions urgentes liées à la crise migratoire. Le commissaire européen à l’aide humanitaire, Christos Stylianides, a notamment déclaré qu’un fond de 700 millions d’euros allait être débloqué afin de venir en aide aux pays européens devant faire face à un afflux massif de réfugiés, aux premières loges desquels la Grèce. Dans le même temps les divisions au sein de l’Europe ne tarissent pas. Le ministre français de l’Economie, Emanuel Macron, a récemment déclaré que, si la Grande-Bretagne sortait de l’Union européenne, « il n’y aurait plus de migrants à Calais », sous-entendu que la France ne les retiendrait plus sur son territoire. Très vite recadré par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, la crise diplomatique a été finalement habilement maitrisée.

La bonne volonté de certains dirigeants européens est de plus en plus mise au défi également par la poussée des populismes européens, toujours plus inquiétante. Si, en Slovaquie, le parti anti-immigration de Robert Fico a gagné les élections mais perdu sa majorité parlementaire, le parti d’extrême droite d’inspiration néo-nazie Our Slovakia, dirigé par Marian Kotleba, fait lui son entrée au parlement. Une avancée qui peut surprendre car la Slovaquie n’est en réalité que très peu concernée, à ce jour, par la question de l’accueil des réfugiés. En effet, la Slovaquie n’a accueilli l’année dernière que 260 réfugiés au total.

Se jouant de la rhétorique islamophobe, Robert Fico a notamment déclaré ne pas vouloir accueillir « ne serait-ce qu’un réfugié musulman ». Cette tendance se dessine en général en Europe et, dans leur dernière déclaration (février 2016), les membres du groupe de Visegrad - représenté par Bohuslav Sobotka (République tchèque), Beata Szydlová (Pologne), Viktor Orbán (Hongrie), Robert Fico (Slovaquie), accompagnés par le président macédonien Gjorge Ivanov et le premier ministre bulgare Boyko Borissov - se targuent de vouloir mettre fin à l’ « immigration non blanche » d’ici la fin du mois de mars, en opposition à la politique d’Angela Merkel qu’ils qualifient de « pro-invasion ». Le sommet de ce lundi représente donc un moment charnière pour la chancelière Angela Merkel, qui devra se positionner vis-à-vis de dirigeants populistes qui ne sont plus marginaux mais qui voient au contraire leur influence grandir au sein du débat lié à l’immigration.

Sarah Franck
Fondation Cordoue de Genève


Liens pour plus d’informations :

https://www.alaraby.co.uk/english/indepth/2016/3/2/eu-lau...
http://fr.euronews.com/2016/03/07/crise-migratoire-et-lib...
http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/03/07/migrants-...
http://www.bbc.com/news/world-europe-35741494
http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/03/03/macron-pr...
http://www.huffingtonpost.fr/2016/03/04/cazeneuve-macron-...
http://www.middleeasteye.net/news/europe-balkans-shut-bor...
http://www.bbc.com/news/world-europe-35734947
http://www.bbc.com/news/world-europe-35739551
https://blancheurope.wordpress.com/2016/02/17/ultimatum-d...
http://www.bbc.com/news/world-europe-34131911
http://www.bbc.com/news/world-europe-35714087

Commentaires

Bonjour Madame,
C'est bien de parler de la crise des migrants, mais il faut aussi parler de l'origine de cette crise et soigner le mal à la source.
Les migrants, majoritairement Syriens, fuient la guerre dans leur pays. Commençons par stopper cette guerre en chassant les islamistes qui ont envahis illégalement ce pays et qui sont soutenus financièrement et militairement par des Etats voyous !
Laissons les Syriens décider eux-mêmes de leur avenir, aidons les à reprendre possession de leurs terres.
CQFD

Écrit par : jacphil | 09/03/2016

La dernière chance pour qui, la Turquie ?

Écrit par : norbert maendly | 09/03/2016

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