30/11/2007

La Chine au coeur de nos cités


Je découvre Barcelone pour la première fois et elle me séduit. La beauté de son architecture, ses grandes avenues, son front de mer, la douceur de son climat, la gentillesse des ses habitants, tout cela doit rendre la vie agréable dans cette ville catalane.

En me promenant dans Barcelone, j’ai été surpris par le nombre de magasins chinois qui s’étalent sur des centaines et des centaines de mètres dans des avenues de haut standing. Un quartier entier a les allures d’un grand bazar du textile chinois, à quelques dizaines de mètres du centre touristique de la ville. Une mention apparaît sur l’enseigne des tous les magasins : vente en gros. Un ami m’a expliqué que cette transformation du quartier date d’une dizaine d’années avec une accélération les cinq dernières années. Toujours le même scénario : un Chinois de condition modeste débarque ; il s’adonne à de petits boulots tels que la vente au trottoir. Du jour au lendemain, il fait l’acquisition d’un magasin en offrant un prix si fort qui ne laisse aucune chance aux autres prétendants. En fait, c’est exactement le même scénario constaté partout dans les villes d’Europe, du Maghreb, d’Afrique, etc.

Beaucoup de gens se posent des questions au sujet du pouvoir d’achat de ses Chinois qui ne lésinent pas sur les moyens pour occuper des quartiers entiers des principales villes du monde.

Et s’ils étaient soutenus par leur gouvernement qui détient la plus importante réserve en dollars ? Et si cette sinisation progressive de nos cités était une politique coordonnée à Pékin visant à implanter des communautés de commerçants partout dans le monde, à s’assurer des lobbies afin de veiller sur les intérêts de la Chine à l’étranger. En considérant ce phénomène du point de vue purement libéral, on ne peut qu’admettre qu’il s’agit d’une conséquence de la mondialisation et des règles de l’OMC. Mais lorsqu’on pense que les produits chinois vendus en gros chez nous ont été manufacturés selon des normes de travail qui laissent à désirer, on se demande à quel point acheter chinois à Barcelone, à Paris ou à Alger contribue à pérenniser ces normes et les rendre acceptables.

Les gouvernements ont peu de moyens d’action pour changer les conditions de travail en Chine : trop d’intérêts économiques en jeu. C’est peut-être le rôle du citoyen consommateur de mener de petites actions visant à influencer les choses. Que dire par exemple de la constitution dans les villes où il y a une forte implantation chinoise d’associations mobilisant les consommateurs sur le slogan « consommons chinois responsable ! », exerçant ainsi une pression simultanée sur l’ensemble des China Town, une pression qui se fera surement sentir à Pékin ?

Commentaires

Simple question étes vous apparenté au Dr Aroua d'Alger( Kouba/Belcourt)

Écrit par : Benguerna | 01/12/2007

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